Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /Déc /2008 21:22
JEUNESSE
Décembre fut le mois du Salon de Montreuil qui a connu des résultats tout à fait satisfaisants dans ce contexte de crise : une hausse de la fréquentation, de bonnes ventes...
J'ai pû découvrir de nouvelles maisons d'édition dont je parlerai plus tard...
Mais tout d'abord,voici un de mes albums coup de coeur :


Olivia à Paris, de Rascal et Isabelle Chatellard,Pastel/Ecole des Loisirs,1996

C'est l'histoire d'une poule qui monte à la capitale pour vendre ses oeufs et qui va pourtant perdre la tête face à toutes les fêtes et les tentations que lui offre Paris : les Grands Magasins,le Moulin Rouge,les cafés...
C'est encore une histoire de voyage (Rascal est aussi l'illustrateur du voyage d'Oregon), mais cette fois -ci, on parle d'un lieu connu et aimé : Paname.





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Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /Nov /2008 20:27

METIERS DU LIVRE
En deuxième année, notre cours d'anglais est désormais professionnel.
Après avoir étudié le fonctionnement de certaines bibliothèques publiques au Texas, nous avons pu rencontrer la semaine dernière grâce à notre très sympathique prof d'anglais Erica, David Campos qui est chercheur à l'Univerisité catholique de San Antonio au Texas.
Ses domaines de recherches sont les sujets de société, en particulier l'obésité des enfants américains ainsi que l'homoparentalité.
Il écrit des essais sur la question et traite essentiellement des albums jeunesse qui traitent du sujet.

Ce cours fut très enrichissant, après nous avoir fait une présentation concernant l'ampleur du problème de l'obésité, nous avons eu en main des albums étrangers.
Le problème est majeur et irréversible pour la santé de nombreuses générations : les conséquences pour la santé et le physique sont effroyables.
Les causes de ce phénomène de santé publique semblent être sociétales : les proportions alimentaires aux Etats Unis sont largement supérieures à celle en Europe et  ce fait est considéré comme une norme : des immenses hamburgers, des tasses de sodas d'un demi litre...
De plus, nous avons été effarées de voir à quel point les Américains restaient dans leur voiture pour toutes les démarches de la vie quotidienne : le service drive pour les médicaments, aller à la banque...
Le moindre effort est économisé, et donc ils ne descendent pas de leur voiture un seul instant.
L'évolution des mentalités est un enjeu majeur, un vrai pari pour les albums jeunesse américains.

Nous avons eu entre les mains un livre que j'ai beaucoup aimé.



Il s'agit de Pancakes for breakfast, écrit par Tomie de Paola, un illustrateur américain   et paru en 1978, réedité par Scholastic,un grand groupe d'édition jeunesse.
Cet illustrateur est reconnu aux Etats Unis : il a publié plus de 200 albums jeunesse.

Il s'agit d'un livre d'images sans texte,un livre qui fait le procès d'une grand mère qui cuisine pour déguster des pancakes : elle y pense dès son réveil.
L'auteur dénonce son comportement digne de celui d'un enfant mais il lui reconnait de la motivation : elle se démène pour trouver tous les ingrédients : elle va même parcourir la campagne enneigée pour aller traire la vache.
Tous ses efforts sont réduits à néant par la gourmandise de ses animaux de compagnie qui ont lappé le lait et la bonne crème.
Dépitée, elle sent une bonne odeur chez ses voisins, qui l'accueillent à bras ouverts.Elle se conduit égoistement en voulant "se goinfrer" en solitaire.
La morale de cette histoire est qu'un break fast est un moment de partage avec les autres,symbôle d'une socialisation réussie.
D'ailleurs, l'image finale montre la quiétude du foyer de la grand mère qui est bien rassasiée ainsi que ses animaux.
Une pancarte au dessus de l'horloge déclame que tout pancake mérite son effort.

J'ai beaucoup aimé le fait qu'il n'y ai pas de texte à cet album car ainsi les expressions et les gestes de la grand mère étaient amplifiés.Je n'aime pas beaucoup le style des illustrations des années 1970 que je trouve vieillot mais ici le sujet est tellement traité de façon intelligente : le rapport image/histoire est parfait que ce livre fonctionne encore merveilleusement au 21eme siècle.

Ensuite,on nous a présenté des livres pour enfants traitant l'homoparentalité mais le temps nous manquait.Cela ne m'a pas géné outre mesure même si je reconnais que certains livres étaient très bien fait : l'histoire d'un couple de pingouins mâles par exemple.
Ce livre est connu en France à travers un récent article émanant des bibliothèques : Sarah Palin, alors maire d'une ville de l' Alaska aurait tenté de le faire interdire à la bibliothèque municipale.



Cette séance de travail fut sans doute l'un des meilleurs cours d'anglais auquel j'ai assisté car nous étions touchées qu'un intervenant vienne d'aussi loin et qu'il apporte des livres jeunesse à étudier.
Je commence donc à m'intéresser à l'édition jeunesse américaine et anlo saxonne puisque je ferai prochainement un exposé sur le phénomène Harry Potter autour du monde à travers les cessions de droits en Amérique ( Scholastic) et en France (Gallimard).

Enfin, cette intervention a eu lieu le 5 novembre au lendemain de la victoire d'Obama et bien sûr nous en avons parlé brièvement en guise de bienvenue.
Il est agréable de voir leur fierté et leur confiance retrouvée par cette phrase " nous allons enfin redevenir amis".
Certes le secteur du livre  a subi le fait que les investissements français étaient non grata durant l'année 2003, mais  plus que jamais les Etats unis sont nos partenaires éditoriaux.



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Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /Nov /2008 19:52
CINEMA/DOCUMENTAIRE
Pour cloturer cette semaine consacrée aux Etats Unis,je voulais signaler la sortie prochaine d'un film prometteur : J'irai dormir à Hollywood, sa date de sortie est prévue le 19 novembre prochain.

Le principal acteur de ce film est Antoine de Maximy, le réalisateur himself, il s'agit d'un aventurier moderne qui parcourt les différents pays pour un documentaire télévisé.
J'avais découvert ses émissions sur France 5 et je vous conseille ce très bon programme : on le voit débarquer chez des papous en pleine forêt vierge, par fois il est très bien reçu et ces émisson sont d'une grande richesse sur le plan des rapports humains.
D'autres fois, cel se passe mal et j'aime beaucoup son humour et son sang froid pour se sortir de situations cocasses.

J'irai dormir chez vous ou ce que la télé réalité devrait être : un programme de qualité.
Je me réjouis de constater que Walt Disney se soit intéressé à son projet, l'exception culturelle française a encore de beaux jours devant elle.
C'est Béatrice Ardisson qui signe la supervisation sonore de ce documentaire qui vaut le détour.Vous pouvez voir quelques extraits de ce road trip éxaltant sur le site de Allociné.

Enfin, si son émission ne vous dit toujours rien, Antoine de Maximy réalisait une courte séance sur France Télévisions durant les Jeux Olympiques cet été.
Cela s'appellait Un Péquin à Pekin.







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Lundi 3 novembre 2008 1 03 /11 /Nov /2008 19:04

EDITION JEUNESSE
Alors que la société américaine suscite toute notre attention cette semaine, j'ai voulu faire l'étude d'un album qui me parait être symbolique.

Le voyage d 'Oregon écrit par Rascal et illustré par Louis Joos, L'Ecole des Loisirs,1993

Il s'agit de l'histoire d'un ours Oregon et un clown Duke, qui au nom de l'amitié vont fuir le cirque  et traverser les Etats Unis d' Est en Ouest pour que l'ours retrouve sa liberté dans les forêts d'Oregon.

Cet album, je l'ai lu en primaire et j'ai aimé cette histoire, l'album a développé mon intérêt pour la géographie des Etats Unis.

L'illustration de la couverture invite au rêve : on voit le narrateur Duke sur le dos d' Oregon dans des champs de blés à travers les plaines.
Le texte compare ce paysage à un tableau de Van Gogh en plus beau.

C'est un livre poétique puisque en préface,les auteurs de cet album ont choisi un poème de Paul Verlaine.
Ce sont deux auteurs européens : ils sont belges et auteurs de BD.

Le récit est poignant : l'image sert le texte.
Les illustrations sont d'une grande qualité mais elles servent surtout à montrer la diversité de paysages des Etats Unis et les us et coutumes : les hamburgers,la Cadillac, le Sioux Motel...

Mais c'est du texte que cet album tire sa force : il est sans concession, même si comme dans tous les livres pour enfants l'histoire se termine bien.
Une réplique m'a marquée : un chauffeur routier Spike les prend en stop et rétorque que ce n'est pas facile d'être noir dans le plus grand pays du monde.

Mais essentiellement les mots appartiennent au clown, ils traduisent toute sa mélancolie, puis son sentiment de légéreté de s'être débarrassé de sa condition et de celle d'Oregon.

Cet album a un grand intérêt car son thème : le road movie est très rarement choisi dans la littérature jeunesse européenne.

La raison est simple, ce voyage renvoie à la conquête des pionniers du Nouveau Monde,il est intimement lié à l'histoire des Etats Unis.
Une illustration en particulier, celle du chemin de fer renvoie au roman Sur la route de Jack Kerouac.

Pour conclure, cet album fut couronné par plusieurs prix jeunesse et il a été inscrit sur les listes de livres que l'Education nationale voulait mettre en valeur dans les classes françaises.

Ci joint, le dossier pédagogique consacré à l'album:http://www.ac-reims.fr/ia51/ien.chalons2/article.php3?id_article=566

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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 15:16
EDITION JEUNESSE
Chaque semaine, lors du cours de librairie,Jean Marie Ozanne, libraire à Folies d'encre à Montreuil (93), nous demande de présenter en quelques mots, un livre jeunesse que nous aimons.

Les consignes étaient d'étudier le rapport du texte à l'image ( les livres jeunesse ont connu une révolution graphique dans les années 1970-1980) et d'évoquer les sentiments éprouvés lors de cette lecture.

Car, pour citer Monsieur Ozanne,"Un libraire est un roi nu".Cet exercice vaut pour le libraire mais aussi pour l'éditeur car il découvre et explore les albums jeunesse.
Il ne reçoit pas seulement des manuscrits qu'il accepte ou non de publier.
Cet exercice équivaut à la tâche du représentant jeunesse c'est à dire porter un livre : expliquer qui est l'auteur, ce qu'il a fait, pourquoi il emploie des techniques spécifiques.

A la découverte de nouveaux albums jeunesse, présentés par mes camarades de classe.
Bou et les trois Ours de l'Atelier du poisson soluble, un album original pour la déformation du langage.

Cerise Griotte de Benjamin Lacombe, paru au Seuil Jeunesse en 2006, une couverture qui donne faim et fait envie.









Je me souviens de Georges Perec , illustré par Yvan Pommaux, Editions du Sorbier
, un livre sur les souvenirs représentés en sepia pour signifier le passé.
Avant la télé de Yvan Pommaux, Ecole des loisirs, les souvenirs des années 1950.
La force des livres sur le souvenirs : contrairement à la télévision où les images défilent avec vitesse, on peut arrêter la lecture et débattre.
Un livre pour enfants ne doit pas être un livre rassurant mais un livre qui pose des questions : c'est  la lecture active.
Les souvenirs évoqués ne doivent pas être uniquement des souvenirs rassurants et édulcorés pour vivre dans du coton.

Les trois brigants de Tomi Ungerer (1968),l'Ecole des Loisirs, un album jeunesse incontournable.



Histoire courte d'une goutte de Béatrice Alemagna, Autrement Junior
: une couverture très colorée et originale.

La grande lessive de Aihara et Adachi, A l'Ecole des ourses, édité par Tourbillon,un dessin fin et soigné.
Parfois... de Emma Dodd, Albin Michel Jeunesse,2006 : un livre au grphisme de grande qualité.


Gare aux lapins,Didier Jeunesse,
une histoire orange carotte



Mon chat le plus bête du monde de Gilles Bachelet, Seuil Jeunesse : une histoire comique construite sur un sérieux décalage.



J'ai découvert des illustrateurs de grande qualité comme Grégoire Solotareff, un illustrateur qui privilégie les grands aplats de couleur tel un peintre, Anne Brouillard,Peter Sis, un dessinateur de presse américain qui évoque par des chemins de traverse ses racines...

Il serait redondant que je parle des livres que j'ai choisi , j'ai déja parlé maintes fois de Victoire  s'entête et du Voyage d'Oregon, livres que j'affectionne depuis longtemps.

Mais cet exercice m'a permis de découvrir un nouveau sens de lecture du Voyage d'Oregon par rapport à la société américaine.
Donc j'en parlerai la semaine prochaine à l'occasion du 4 novembre, date que j'espère historique.





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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 14:43


ESPACE PROFESSIONNEL
En marge de son exposition , la Bnf a publié ces chiffres qui font état de l'édition jeunesse en France.Ces données sont consultables sur le site de l'exposition : www.bnf.fr et sur le blog  qui lui est consacré.

En France sur 70 000 titres publiés en France en 2006, 10485 livres étaient consacrés à la jeunesse.
On compte 30% de traductions.

Depuis 1960, trois principaux éditeurs se partagent le gateau :les grands groupes Hachette, Flammarion et Nathan, spécilaisé dans le parascolaire.
Nathan et Pocket Jeunesse font partie du groupe Editis,le BD est dominée par Dargaud-Dupuis-Fleurus.

Il y a moins de titres mais plus de best sellers : l'exemple flagrant d'Harry Potter à travers le monde.
Les nouveautés annuelles ont été multipliées par 6 depuis les années 1960, les tirages par 1,8.Ces chiffres montrent une culture jeunesse plus segmentée et éclatée.

En effet, on observe la baisse de la domination du roman comme genre littéraire : à force de tirages, Hachette a épuisé ses séries : l'Instit, la Bibliothèque rose et verte, les collections historiques ont vu leur fin dans les années 1990.
Elles ont été modernisées par un effet marketing et exploitées commercialement par le biais d'une formule qui marche: les licences.

Gallimard lance Folio Junior en 1977, Hachette et le livre de poche jeunesse en 1979 et enfin Flammarion avec Castor Poche en 1980.
Ces éditeurs font souvent appel aux traductions : l'exemple du succès de la collection américaine Chair  de Poule en France.

Les années 1970 voient l'essor de l'Ecole des Loisirs en raison de la qualité de son offre à travers ses collections :Mouche, Medium et Neuf.
Indirectement, l'édition jeunesse a profité des effets de Mai 1968 en ce qui concerne la remise en cause de l'éducation des enfants : moins d'autoritarisme, plus de dialogue.

Quant à l'album, il représente aujourd'hui 46% des livres vendus, c'est à dire une part importante de la tranche petite enfance.
A travers des maisons comme l'Ecole des Loisirs, Gallimard Jeunesse, on constate l'internationalisation massive, les différentes révolutions graphiques et la créativité française.

La réalité économique est assez complexe, d'où le recours aux licences audiovisuelles : l'adaptation au cinéma, en dessins animés afin de faire fructifier les produits dérivés autour d'un livre. La norme est alors la coédition internationale

Le documentaire voit, lui, le triomphe de la photographie : les collections Découvertes de Gallaimard en sont le meilleur exemple.

Pour conclure, la France connaît depuis les années 1960, un âge d'or de l'édition jeunesse : sa créativité, son dynamisme, sa rentabilité des grands groupes.
Cependant, elle connait une baisse de l'exportation de livres.

Le Salon du livre jeunesse de Montreuil en décembre prochain est le meilleur indicateur des succès qui font l'édition jeunesse française.                                                                                                                                                     

                   

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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 11:10
EDITION JEUNESSE
Depuis mon stage en librairie, il est vrai que l'édition jeunesse m'interesse tout particulièrement car j'aime son dynamisme et sa créativité.
De plus, c'est le secteur le plus porteur de l'édition, et en ces temps critiques du point de vue économiques, les professionnels du livre se concentrent sur les secteurs les plus rentables : la jeunesse, thème de Lire en fête par exemple.
Sans toutefois me désinterresser des autres domaines du livre, je publierai quelques articles sur les albums jeunesse.

Tout d'abord, nous avons assisté avec ma classe à une conférence organisée par la Joie par les livres dans les locaux de la fondation du Crédit Mutuel pour la lecture, rue Cardinet, Paris 17eme arrondissement.

Cela traitait de la cartographie dans les albums pour la jeunesse du XXeme siècle: paysages à construire,espaces à réver.
Cette reflexion était menée par Eleonore Hamaide, universitaire qui prépare une thèse sur l'influence de Perec dans la littérature jeunesse.
Cela concernait le domaine de l'imaginaire à travers des cartes, des schémas.
Elle a évoqué le développement de la lithographie au 19eme siècle (cf cours de fabrication du livre), les livres d'aventure de Jules Verne.
Dans les livres pour enfants, l'iconographie a une grande importance : elle donne un surplus d'informations par rapport aux schémas.

Le point qui m'a passionné concernait les albums d'aujourd'hui, en particulier ceux qui traitaient du thème de la capitale française : Paris.

Il fallait rappeller les albums fondateurs comme Max et les Maximonstres et la Collection du Père Castor créee en 1948.
Ces albums sobres à la couverture broché furent conçus à mi chemin entre la fiction et le documentaire.
Le premier, raconte l'histoire d'Apousiak, le petit flocon de neige a été écrite par l 'explorateur Paul Emile Victor. Ses cartes au dos du livre montrent un espace hors de celui du quotidien des enfants, ce qui est assez rare pour être souligné.
La carte est un complément à la narration, le dépaysement conduit à une image mentale d'un lieu.Mais une carte reste la vision personnelle d'un lieu par celui qui l'a tracée.

Les lieux urbains :Paris, Venise...
Plusieurs albums évoquent Paris

Le premier s'appelle Adele et Simon, écrit par une Américaine Barbara Mc Clintock, publié aux éditions Circonflexe.
La démarche fut de reprendre un guide montrant les grands lieux de Paris, un guide cité par Georges Perec.
Elle y montre un Paris nostalgique : des intérieurs de Vuillard,des caricatures de Daumier.Ce n'est pas le Paris réel mais celui des tableaux impressionnistes,celui révé dans une démarche mémorielle.

Ensuite, celui que je préfère : Un lion à Paris de Béatrice Alemagna,aux éditions Autrement Jeunesse.
Il s'agit de l'histoire d'un lion,  qui deviendra celui  de la Place Denfert Rochereau.
Il parcourt Paris tel un touriste avant de devenir vraiment parisien.
Ce lion est un double de l'illustratrice italienne : il arrive de la Gare de Lyon avec les trains italiens.
La carte de Paris a une grande importance, dans cet album ,elle prend la forme d'un ovale et non d'un escargot.
C'est la représentation d'un Paris aimé,daté à travers des lieux stéréotypés:le Flore et les philosophes.
Les cartes sont faites sur les pages de gardes, ces illustrations faite par une auteure étrangère symbolisent sa déclaration d'amour à Paris.



La place à l'imaginaire : La nuit des Zephirotes de Claude Ponti, L'Ecole des Loisirs
Dans cet album, Claude Ponti montre un Paris en strates : les immeubles haussmaniens, l'ile St Louis selon un jeu d'échelle et un plan en coupe.
On y voit des les strates inférieures : le métro, les catacombes puis enfin le monde des Zéphirotes grâce à un rabat qui permet grâce à sa matérialisation de découvrir un monde.
Il s'agit d'une référence concréte à la ville de Paris sous la forme d'un lieu réel transformé en un autre univers.



Christian Bruel lui choisi Venise pour aborder la frontière entre l'enfance et l'adolescence dans un album psychologique Venise n'est pas trop loin aux éditions Etre.
Ici le plan géographique sert de métaphore entre deux états, deux âges.
Cet album raconte l'histoire d'une fille qui visite avec sa mère et qui profite de temps de solitudes dans la ville, ce sont des plages de libertés mais aussi des limites.
Il s'agit d'une carte mentale qui détermine les limites entre l'enfance et l'âge adulte.








Enfin, cette conférence m'a permis de découvrir deux albums que je ne connaissais pas.
Tout d'abord, le dessinateur américain Peter Sis, originaire d'Europe de l'est.Dans ses albums, il illustre des immeubles en carton pâte selon le procédé cinématographique.
Le pâte de maison est l'univers du quartier mais aussi la topographie du souvenir.Il explore un lieu connu pour en faire une réinterprétation.



Et je citerai aussi Jeux de piste à Volubilis aux éditions Sarbacane, un album qui à travers les plans d'une maison, permet l'apprentissage de la lecture cartographique.



Pour conclure, l'iconographie supplante la typographie à travers les cartes-tableaux.
Un lieu, une carte devient une réalité quand on se l'approprie.
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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 16:56
EDITION JEUNESSE
Dans les allées de la BNF, vous pouver admirer une longue fresque qui montre la richesse et la créativité du livre jeunesse sur le continent européen.
Ces livres sont le reflet d'une culture et de l'histoire d'un pays.
Ces panneaux sont très bien faits, ils donnent des statistiques démographiques mais aussi d'autres plus caractéristiques à l'édition pour la jeunesse.Un bref résumé de l'histoire est proposé ainsi que la biographie des auteurs et illustrateurs.
Cette initiative donne l'opportunité aux éditeurs européens de se faire connaitre au niveau international.
J'ai reperé deux albums en particulier : Monstre, ne me mange pas illustré par Carll Cneut et Alboum de Christian Bruel et Nicole Claveloux.
Carll Cneut est un illustrateur belge, reconnu internationalement pour les prix jeunesse reçus. Il est publié en France par l'Ecole des Loisirs.

Le deuxième livre est Alboum aux éditions Etre.
Il représente la France dans ce tour d'Europe des livres d'images.
J'ai aimé le graphisme de sa couverture très ronde et colorée.Il s'agit d'un empilement d'images qui, à force,  s'effondre dans un grand BOUM.
Ce livre a reçu le Prix Sorcières en 1999.



Christian Bruel est éditeur et auteur jeunesse, Nicole Claveloux est une illustratrice qui compte plus de 150 albums à son actif.
Etre a été fondée par Christian Bruel en 1997, il s'agit d'une maison de reférence car ses membres donnent des conférences en tant qu'experts de la littérature jeunesse.


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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 16:24
METIERS DU LIVRE


Le 12 octobre dernier avait lieu la 20eme édition de Lire en fête; manifestation consacrée cette année à l'édition jeunesse.
Il y a avait deux lieux particulièrement emblématiques : le festival Codex aux Halles de la Villette et l'ouverture de l'exposition Babar, Harry Potter et compagnie à la BNF.

C'est une exposition de qualité qui retrace l'histoire du livre jeunesse et sa conservation.
Les livres pour enfants existent depuis le 17eme siècle même si l'enfant n'avait pas le statut privilégié d'aujourd'hui.

On citera les incontournables contes de Charles Perrault, les livres - trésors de Jules Verne édités par Jules Hetzel et aussi les livres d'art dont l'abécédaire de Sonia Delaunay.
Cette exposition fait la part belle aux héros de l'enfance : le roi Babar,Fifi Brindacier, Alice au pays des merveilles, Pinocchio, Tom Sawyer...

Son titre nomme Harry Potter mais les livres de JK Rowling sont peu montrés dans cette exposition, sans doute sont ils trop récents pour la science de la littérature enfantine et qu'une prochaine étude aura plus de recul sur un tel phénomène ( l'effet Harry Potter fera l'objet d'un prochain article dans ce blog).

Cette exposition de qualité vaut le détour car il s'agit d'une véritable étude menée par des professionnels de la conservation des livres d'enfants, des chercheurs de la Joie par les livres.
On apprécie les animations interactives pour les enfants , en particulier la projection de series ou de courts métrages adaptés de livres pour enfants.
Enfin, en fin d'exposition, une mini bibliothèque permet de regarder 400 albums et documentaires en libre accès, tranquillement installé sur un pouf à côté des activités pour les enfants.



J'ai ainsi découvert les albums de Béatrice Alemagna ( Un lion à Paris, Histoire courte d'une goutte, aux éditions Autrement Jeunesse), l'Encyclopédie pour les cancres, un documentaire de Gallimard Jeunesse et enfin les albums de Grégoire Solotareff, présent ce jour là pour une séance de dédicaces.

Pour continuer la visite, la BNF organise un tour d'Europe des livres pour enfants, objet du prochain article de ce blog.


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Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /Oct /2008 18:00

LIVRES/CINEMA


Cliente de Josiane Balasko,éditions Fayard, paru le 07 janvier 2004,288 pages

Ce livre je l'ai découvert lors d'une émission du Grand journal sur Canal+, où Josiane Balasko,la réalisatrice et Nathalie Baye, l'actrice principale venaient présenter le film.

Josiane Balasko a expliqué les réticences des producteurs face au script, qui trouvaient que le thème du plaisir féminin rémunéré était un tabou, jugeant la prostitution masculine choquante.
Elle l'a donc proposé à un éditeur Fayard, ce livre s'est avéré être un franc succès : plus de 60 000 exemplaires vendus et une des quarantes meilleures ventes de l'année 2004.

L'adaptation du roman au cinéma s'est donc faite plus facilement, à l'occasion de la sortie du film, les éditions Fayard ont réédité le livre avec une nouvelle jacquette ( brèves de Livres Hebdo,septembre 2008).

J'ai aimé les deux versions : le livre et le film, car les répliques sont l'exacte fidélité au texte de Josiane Balasko.
Le duo de comédiennes Baye/Balasko fonctionne très bien : elles sont touchantes en soeurs associées dans une boite de téléachat.
C'est cette relation qui montre la part de fragilité de Judith, la cliente.
On comprend mieux pourquoi elle fait appel à des escorts : elle le fait pour se préserver de ses blessures sentimentales en montrant un cynisme de façade et en se cachant derrière l'argent, comme ça les choses sont clairement établies.
J'aime le style de Josiane Balasko, percutante comme toujours dans ses textes : "Encore ça va mais dans dix ans, ça sera comment de se taper des minets?.

J'ai aimé ce livre car il montre notre réalité socioéconomique : cette histoire change trois fois de narrateurs : la cliente Judith, l'escort boy Marco - Patrick et la femme trompée Fanny.
Son mari tient compagnie à des femmes fortunées afin de payer les traites de son salon de coiffure et de mettre de l'argent pour quitter l'appartement de la belle mère.
On y voit la pénible colocation entre le couple, la belle mère campée par Catherine Hiegel et enfin la soeur adolescente difficile jouée par la magistrale Marilou Berry, la fille de Josiane Balasko.

Marco lui a offert pour son anniversaire une caméra et elle étouffe chaque membre de la famille dans les moments les plus dramatiques dont celui où Fanny apprend le fameux deal qui se joue depuis des mois dans son dos.

Si le sujet vous met mal à l'aise ( je n'avais pas vraiment envie de le voir à travers sa bande annonce), dépassez vos mauvaises impressions car c'est un film touchant et plein de sensibilité.Les acteurs sont talenteux dans l'ensemble, même si j'ai été un peu déçue par la prestation de l'escort en question.


Quelques extraits du livre, qui donnent le ton de l'histoire :

Judith : « Je surfais sur le Net et je suis tombée sur un site d'escorts. Avec photos, tarifs, disponibilités, classés par tranche d'âge, par prénoms, tous des pseudos en général, par couleur d'yeux, de cheveux, par tailles, fumeur, non fumeur, anglais parlé. Aucun n'était anthropologue, sinon j'aurais mis ma soeur sur le coup. »

Marco : « Ta cliente, elle te regarde comme une personne, pas comme un tas de viande. C'est ça, la grosse différence. Tu remplis pas un trou, tu combles un vide... Tu te sens utile... Tu sais que tu vas leur faire des bons souvenirs... »

Fanny : « Et tout de suite, je l'ai vu avec ces femmes. Je ne m'étais jamais demandé combien il gagnait, à chaque fois. Maintenant, je me rends compte que ça devait être beaucoup. Elles étaient toutes pleines de pognon, vieilles, moches et pleines de pognon. C'est pas ma mère qui pourrait se payer des trucs comme ça. »

 


Par Une sardine à Paris - Publié dans : Cinéma
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