Littérature

Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 21:53

LITTERATURE/CINEMA


Longtemps, je n'ai pas compris l'engouement pour Orgueil et Préjugés le roman de Jane Austen publié en 1813   et réedité en France par 10/18 : j'avais essayé de le lire mais la langue employée par les aristocrates anglais du 18eme siècle me posait problème, j'ai vite abandonné.

Depuis j'ai vu le film sorti en 2006 avec Keira Knightley dans le rôle de l'héroïne Elisabeth Bennet, j'étais persuadée que Colin Fith jouait Mr Darcy dans le film, mais mon dépit fut assez court car les acteurs formaient un couple tout à fait plausible.
Le casting est bien choisi et je pense que c'est le jeu des acteurs en particulier celui de Lizzy qui m'ont fait aimé le film : j'ai trouvé que leurs interprétations étaient d'une grande modernité alors que je ne raffole pas des films en costume.

Il s'agit d'une histoire d'amour qui parait impossible au début : la jeune Elisabeth Bennet se heurte à l'orgueil de Mr Darcy, un homme de rang supérieur au sien.




ll faut dire que sa famille un peu fantasque ne lui facilite pas la vie ni celle de Jane pour se trouver un époux, ce qui est le but de l'éxistence de leur mère et me parait aujourd'hui assez navrant.

Les plus jeunes soeurs ne sont pas méchantes mais se conduisent comme de vraies bécasses qui courent les officiers et ne songent qu'à leurs bals et leurs rubans.
Les personnages les plus irritants sont la mère ainsi que l'une des filles Lydia Bennet, pourtant c'est un plaisir de contempler leur excès ainsi que leur sens du ridicule.

Les deux histoires d'amour nous tiennent en haleine durant les deux heures du film car les rebondissements sont nombreux : les tentatives d'éloignement de la soeur de Bingley jouée par Kelly Reilly ( actrice connue pour L'Auberge espagnole) ou encore les scènes de disputes entre Lizzy et Mr Darcy qui l'aime "d'un amour ardent".

J'ai aimé ce film et j'ai voulu découvrir le talent littéraire de Jane Austen.Elle décrit avec justesse la société de son temps : le poids du rang social dans les mariages,les alliances sont lourdes de sens pour les familles. Le rôle de Lady Catherine interprété par July Dench est impressionnant : cette femme toute puissante, une mécène des arts et bienfaitrice pour les bonnes oeuvres montre tout son mépris et ses opinions scélosées envers Lizzy Bennet.

Le caractère de l'héroine est tout à fait exceptionnel,ce rôle est à la hauteur de sa légende.
Jai dévoré ce roman de 400 pages en moins de deux jours tellement le scénario était fidèle au livre et je suis persuadée que sans le film je n'aurai jamais terminé l'histoire.

Voila à quoi sert le cinéma selon moi : susciter l'intêret des cinéphiles pour les oeuvres littéraires.
Les romanciers et  cinéastes anglais valorisent  l'héritage de Jane Austen : Bridget Jones lit Jane Austen, Coup de foudre à Bollywood reprend la trame du roman..



En 2004, Orgueil &Préjugés a été élu roman ayant le plus bouleversé les lectrices, cela frisait même l'hystérie avec le feuilleton en 1995 et les produits dérivés...(Lire, mai 2006).

Par Une sardine à Paris - Publié dans : Littérature
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Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /Oct /2008 13:23
LITTERATURE

Les inséparables de Marie Nimier,Collection Blanche,Gallimard,Automne 2008.

Ce roman retrace l'amitié entre deux voisines, Léa et la narratrice dans le quartier des Champs Elysées, durant les années 1960-1970.
La narratrice c'est Marie Nimier, une auteure connue dans le paysage littéraire.
Son nom lui apporte une couverture médiatique assez large: il s'agit de la fille de Roger Nimier, personnage public dans les années 1950 qui s'est tué dans un accident de voiture quand elle était enfant.
Cette tragédie a fait l'objet d'un livre La Reine du silence chez Gallimard pour lequel Marie Nimier a reçu le prix Medicis en 2004.
Elle a plusieures cordes à son arc puisqu'elle écrit des
livres pour enfants ainsi que des chansons.
Je la connaissais de nom et c'est un long article de Lire avec des extraits, qui m'ont donné envie de lire ce livre.
C'est une histoire poignante qui relate une amitié indéfectible depuis l'enfance, malgré la descente aux enfers de son amie Léa.
Ce livre montre la qualité d'une relation avec ce qu'il a de plus précieux dans l'amitié : la fidélité.
Léa va plonger dans les affres de la drogue, de la kleptomanie, même de la prostitution...mais jamais la narratrice ne se détournera d'elle en la jugeant : elle lui portera secours face à la violence des proxénétes de la rue St Denis, face au fait d'élever un enfant seule...
Au dela de cette histoire personnelle, Marie Nimier brosse un portrait très réel de la France des années 1970 et des évenements qui ont ponctués ces années.
Il y a dans ce livre un personnage particulierement attachant, c'est John Palmer,le beau père américain de Léa car il aura un rôle protecteur pour les deux fillettes.
Il les appelle affectueusement ses petits wra'ts.






Par Une sardine à Paris - Publié dans : Littérature
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Jeudi 25 septembre 2008 4 25 /09 /Sep /2008 14:22

LITTERATURE

Les pieds dans l'eau de Benoit Duteurtre,collection blanche,Gallimard, rentrée littéraire 2008.

Un roman qui évoque la Normandie et l'attachement des descendants du président Coty, chef d'Etat de la IVeme république, à leur station balnéaire:Etretat, une adresse de prestige.
En effet, en raison de ses falaises mythiques,le pays de Caux est prisé par les familles bourgeoises parisiennes.

On y retrouve ses codes sociaux: l'attachement aux villas comme la Ramée,celle où loge le narrateur un jeune écrivain,l'emplacement des cabines de plage et la  disparition des périssoires, embarcations comme témoignages d'un folklore local disparu, les casinos,les relations entre les locaux et les plaisanciers....
J'ai aimé ce livre même si la trame n'est pas palpitante.
L'intêret de ce livre est de montrer la lente disparition des codes de la bourgeoisie au profit de la " moyennisation" des classes sociales.



Pour reprendre l'analyse du livre Nouvelles myhtologies : il y'a un gouffre entre la France de Nicolas Sarkozy ( l'auteur parle de ses Ray Ban) et celle de René Coty, président en exercice, quand Roland Barthes a écrit Mythologies en 1954.
Notons, que ce président des temps révolus ( on confond son nom avec celui d'un parfumeur), connait un regain d'interêt en ce moment,OSS 117 lui a permit d'être à la mode.



Si j'ai aimé ce livre, ce n'est pas pour ce constat de la dérive de l'image présidentielle que chacun reconnait,mais j'ai aimé l'évocation de lieux enchanteurs.

En effet,ce mois- ci, j'étais invitée pour le week end dans une exceptionnelle et ancienne maison de pécheurs à St Pierre en Port, entre Fécamp et St Valery en Caux.
Je ne connaissais pas ce coin de France car je vais plus souvent en direction de Dieppe, souvenir de mon enfance.
C'est un village magique, les maisons de brique rose et grise sont magnifiques.
Certes celles d'Etretat sont incontournables, mais la route des falaises de Veulettes sur Mer vaut le détour.
Ces paysages sont dignes de cartes postales : nous étions émerveillées par le petit chateau des Petites Dalles avec en fond la mer et un ciel bleu ( pour une fois).



Les plages de la Manche sont désertées par les baigneurs mais c'est leur cachet : ce sont de grandes étendues sauvages qui tranchent avec les plages de Méditérrannée.
Cela nous renvoie à la première impression  que l'homme avait de la mer : un rivage répulsif, une mer source de terreur au 19eme siècle,selon l'analyse d'Alain Corbin.
Pourtant c'est à Dieppe et non pas dans le Sud de la France que les premières stations balnéaires se sont dévéloppées en 1822.

J'ai découvert une merveille, la valleuse d'Eletot.
Une valleuse est une ancienne rivière, qui a creusé un chemin vers la falaise.
Le point de vue est unique mais les sujets aux vertiges peuvent s'abstenir.
Moi même je n'en menais pas large lorsqu'il a fallu descendre le gigantesque escalier en béton.
Ci joint, une photo, au bord de l'eau sur les rochers.




Par Une sardine à Paris - Publié dans : Littérature
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Mercredi 24 septembre 2008 3 24 /09 /Sep /2008 17:21
LITTERATURE

Les gens du Balto est le troisième roman de Faïza Guène,paru en Août 2008, il a été tiré à 60 000 exemplaires.







Faïza Guene est une nouvelle plume de 23 ans, originaire de banlieue qui organisa des ateliers théatre dans son quartier de Bobigny,Seine St Denis dont elle est originaire.


Je l'ai découverte grâce à un article du Nouvel Observateur, il y a quatre ans lors de la parution de Kiffe Kiffe demain, son premier livre en 2004, puis Du rève pour les oufs en 2006.Ce sont deux best sellers traduits dans plus de vingt pays.
Son éditeur est Hachette Littératures depuis ses débuts, sa carrière est prometteuse vu le nombre de ventes de ses romans.



J'aime son humour et la justesse de son trait, ses romans montrent la réalité sociale de la banlieue en France à travers la vie d'adolescents qu'on a tendance à stéréotyper.
Elle aborde leur vie familiale, leurs relations sentimentales à travers des expressions imagées : "Les filles, elles le vannent à propos de son nez.
Elles disent qu'il va faire un coup d'état d' où son surnom : Dictateur".

Le style de Faïza Guene est incisif, aussi rapide que le débit de parole des jeunes de banlieue dans leur langage si spécifique.
Car c'est l'adoption de différents registres de langue dans son dernier roman pour décrire les sentiments des personnages aux âges différents, qui donne du corps à ce roman.

Il s'agit d'un roman choral, autour d'un bar tabac dans une ville en fin de ligne de RER à Joigny les deux Bouts.Le tenancier du bar Joël, est un sale type aux dires de chacun des personnages : Yeva ou la daronne,Taniel,Jacquot ou Coco,Magali,Yeznig le jeune handicapé,les jumeaux Ali et Nadia....

Mais le lecteur, lui seul, connait sa part d'humanité car même s'il tient la place du mort (l'histoire traite d'une enquête autour de sa mort suspecte), il raconte les aléas de sa vie, au début et à la fin du livre.
Il n'y a pas de narrateur omniscient, chaque personnage se raconte au fil des chapitres et de l'enquête.

J'ai aimé ce livre dont l'intrigue vous rend attentif même si la fin m'a légerement déçue.
Ce livre tranche avec les deux derniers romans qui donnaient la parole exclusive à des personnages de filles, es adolescentes.

Cette nouveauté est à l'honneur de Faïza Guene car cela montre ses capacités à exploiter les différentes facettes de son talent à travers des genres littéraires différents.

Pour conclure,¨Faïza Guene dédicacera son dernier livre le 16 octobre au Publicis Drugstore sur les Champs Elysées, à 18 heures.

Par Une sardine à Paris - Publié dans : Littérature
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